CS n°13 : Test Limbo

Publié le par Le MAS

CS13

Le chiffre 13 porte malheur puisque le nouvel article du site Console Syndrôme n'arrive pas un samedi. La raison? Un esprit de vacance dans la tête. Toutes nos excuses à ceux qui suivent allégrement cette rubrique. Nous vous proposons le test d'un magnifique jeu qui a suscité l'enthousiasme de beaucoup. Un jeu au cachet graphique troublant, inquiétant, sourd. On le décrit même comme une expérience à vivre, un plaisir sensoriel ; qui amène à réfléchir. Limbo est son nom, plaisir est son prénom. Je vous laisse calmement apprécier les saveurs de ce fruit rare  avec ces quelques paragraphes ci-dessous.

  Bonne lecture.

 

La cannibalisation des blockbusters

 

Petit jeu indépendant deviendra grand. Premier né du studio danois Playdead, Limbo n’a pas bénéficié d’affiches dans le métro, ni de matraquage publicitaire à la télévision ou dans les journaux. Pourtant l’enfant prodige a suscité bien des émois lors de sa sortie sur le XBLA  la semaine passée : avalanches de critiques positives, cris de joie en pagaille et surtout la promesse de vivre une Expérience.

 

Cette différence, ce petit truc en plus, Limbo a réussi à l’imposer dès ses premières apparitions. La hype a subi un gros level-up lors du dernier Independant Games Festival, où il a remporté pas moins de deux prix. Le clou final est arrivé lors de l’E3, au terme duquel l’équipe de développement relevait des nominations et acclamations nombreuses et méritées sur différents sites majeurs américains. Tous les regards étaient donc dirigés vers la bête de concours danoise, déjà qualifiée de géniale découverte inattendue digne du top du top du XBOX Live Arcade. Des attentes hautes, très hautes, pour un jeu aux multiples qualités et difficilement critiquable, notamment de par ses origines modestes.

 

Inutile de s’embarrasser d’un paragraphe pour vous décrire le début de l’histoire. Sachez simplement qu’un jeune garçon part à la recherche de sa sœur dans les limbes (d’où le titre, je ne vous apprends rien). Ce n’est de toute manière pas la trame qui frappe d’abord chez Limbo, mais clairement son identité graphique, très prononcée. Un noir et blanc éthéré qui rappelle obligatoirement l’expressionnisme allemand (référence culturelle, check), un personnage en ombre chinoise qui se démarque d’une forêt floue en dégradé de gris derrière lui, quelques bruitages, une ambiance de conte macabre pour enfants, une lumière feutrée qui perce  entre les arbres, difficile de ne pas accrocher. On est loin, très loin d’un antédiluvien Blade Warrior. De plus l’animation très soignée confère une réelle impression de livre illustré interactif. Une réussite artistique claire et nette, sans éclaboussure.           In Game

 

La fluidité de l’ouvrage est également exemplaire. Le jeu se déroule selon un scrolling horizontal classique, le joueur enchaînant les énigmes à résoudre, comme une suite de tableaux disposés les uns après les autres. Pour se faire le gameplay est très simple : un bouton de saut et un bouton d’action (principalement pousser / tirer des objets ou des leviers). Toutefois de nombreux pièges vous attendent, octroyant au titre le fameux statut de « die and retry », mourir pour mieux appréhender le terrain et essayer de faire mieux la prochaine fois. La cruauté fait partie intégrante du jeu : les décès sont violents, bruts (il est possible de désactiver le sang noir dans les paramètres), des cadavres jonchent le sol, des pendus guettent votre arrivée. Pire encore, il faudra parfois utiliser les dépouilles jonchant votre parcours pour pouvoir progresser. Malgré des emprunts aux peurs enfantines (comme l’araignée) et la jeune allure de son protagoniste, Limbo n’est pas à mettre entre toutes les mains.

 

Malgré cette approche générale de progression par l’échec, la frustration ne devrait pas trop être de mise, car les check-points automatiques sont pléthore, permettant de conserver une certaine limpidité des manœuvres. Il faut avouer qu’en étant un minimum rôdé au genre, vous ne devriez pas avoir de réelles difficultés à avancer, à part pendant les derniers chapitres qui compliquent la donne. Si les énigmes sont astucieuses et réalisées avec talent, elles ne possèdent pas autant d’innovation qu’un Braid ou un Portal, qui vous obligeaient à triturer certains neurones encore inédits. C’est vraisemblablement sur ce point que Limbo manque la première marche sur le podium du classique instantané et révolutionnaire. Certains regretteront également la progressive industrialisation des décors, après une mise en bouche plus inquiétante.

 

Avec un minimum de temps devant vous, il est même possible de finir le jeu d’une seule traite. Il ne m’a fallu que deux séances, sachant que ma première tentative m’a menée un peu plus loin que les deux tiers du jeu environ, sans que je m’en aperçoive. Il s’agit sans doute d’une confirmation que Limbo donne envie d’explorer ses sombres rouages et ses angoissants marécages, mais surtout que le jeu est court. Très court. Entre trois ou quatre heures maximum pour un joueur expérimenté, peut-être un peu plus si vous n’êtes pas un habitué de la réflexion. Le tout pour un prix de 1200 points, trop élevé à mon goût. Sauf que quand la passion et le charme parlent, difficile de résister.

 

Si l’aventure est brève, le manteau qui l’habille est envoûtant. Limbo débarque sous une pluie  d’applaudissements, une exposition bienfaitrice pour cette modeste production. Attention toutefois à garder en tête que le jeu ne brillera que mieux s’il reste considéré comme une « bonne surprise ». Habile, mais pas révolutionnaire ; délicieux mais rapidement dévoré. Les secrets / succès et le scénario à interpréter soi-même vous permettront de prolonger quelque peu cette traversée dans les lugubres limbes imaginées par les créateurs. Comme quoi, les petits peuvent toujours en remontrer aux grands.

Publié dans reportage

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kévin 05/08/2010 09:29


dommage ke je nai pa de xbox sinon je lorai acheter direct.ce jeu a l'air tou simplement magnifique!!!


narukedag 04/08/2010 19:56


Quand j'ai vu le GamingLive de JV.com sur Limbo j'ai cru à une blague quand ils ont dits 18+.
mais en faite après avoir vu la vidéo je comprend mieux. C'est vraiment très Glauque... Franchement ca pourrait bien être LE premier jeu que j'achète sur X-Box Live.