Console Syndrôme n°6 : Test de No More Heroes 2

Publié le par Le MAS

Ma notice en noir et blanc

Split second 

 Sixième session avec l'équipe de Console Syndrôme où un autre jeu Wii va être sous les spots. Il est sorti le 28 mai en France et fait suite à un premier épisode qui aura marqué les esprits. Il ne s'agit ni plus ni moins que du petit protégé de Suda51, No More Heroes 2 :  Desperate Struggle. Attendu au tournant par ses fans, saura-t-il convaincre de nouveau? Réponse dans le test ci-dessous.

 

Bonne lecture.

 

Un nouveau projet de Grasshopper, ça fait forcément envie. Pourtant, pour la première fois, le studio japonais dirigé par Suda 51 se plie à l’exercice de la suite. Le fantasque réalisateur nippon a donc choisi de donner une séquelle à No More Heroes (NMH), qui débute 3 ans après la fin du premier opus. Travis doit encore une fois affronter des assassins charismatiques pour grimper dans le classement des tueurs, au fil d’un beat them all jouissif et décalé. Était-ce nécessaire de retourner à Santa Destroy ?

 

Avant tout, il faut rappeler notre avis sur “l’expérience No More Heroes”. Après un Killer7 acclamé par les joueurs un peu curieux et désireux de voir au delà du simple premier contact, Suda Goichi réussissait enfin le grand écart entre gameplay intéressant et véritable propos créatif. Non pas que Killer7 s’avérait peu plaisant à jouer, mais son gameplay, assez limité et rudimentaire (jeu d’aventure sur rail et phases de shoot immobile), ne pesait au final pas bien lourd devant la mise en scène, l’histoire et les différents niveaux de lecture proposés. En simplifiant la partie plus intellectuelle et en boostant les phases jouables, Suda a enfin atteint un équilibre idéal pour son projet suivant, baptisé No More Heroes. Une œuvre pleine, accessible et parmi les indispensables de la Wii.

 

 

A l’époque, le titre se distinguait par une utilisation habile de la Wiimote, un humour omniprésent, des dialogues géniaux et des références amusantes faites en direction du joueur ou du media jeu vidéo. Mais surtout, il possédait une personnalité bien trempée. Ainsi, NMH pouvait s’analyser presque aussi profondément que Killer7 et faisant montre d’un vrai savoir faire. Véritable apologie du grand nawak sur fond de pop culture, NMH reste un incroyable beat them all, mixé à un jeu d’auteur étonnant.

 

Après cette expérience singulière, on se demandait évidemment quelle type de suite pouvait éclore. Pour parler en terme jeux vidéo, le cahier des charges du “numéro 2″ est rempli : fin de la censure permettant au sang de couler à flot, système de combat excellent et plus complet (on frappe toujours avec la touche A et on achève les ennemis en secouant la Wiimote), plus de boss (on débute 51ème au classement des assassins, qu’il faudra remonter jusqu’à la première place, alors que nous démarrions le précédent opus en position de n°11), un rythme supérieur et deux persos jouables supplémentaires (même si le gameplay axé “plate-forme” de l’un d’eux pourra agacer). On regrette néanmoins la disparition des phases de ballade en ville, car, même si elles n’étaient pas forcément palpitante dans NMH (car moches et vides), elles savaient servir le propos global de l’auteur. A la place, on se déplace maintenant sur un plan, en optant pour sa destination via un menu. Il est toujours possible de prendre part à des jobs (sous forme de mini-jeux à l’esthétique retro et à la maniabilité très 8-bits) pour gagner de l’argent, mais celui-ci ne vous servira qu’à payer de nouvelles fringues, de nouveaux katanas, des cours de sport (pour accroitre vos capacités physiques) ou de la nourriture pour votre chat (une quête annexe est destinée à lui faire perdre du poids). Tout ceci est donc parfaitement facultatif et vous pouvez vous contenter d’enchainer les phases de baston, si le cœur vous en dit (la durée de vie en pâlit alors, mais comptez grosso modo 10 heures pour attendre le haut du classement en faisant un peu mumuse avec les mini-games).

 

 

Si ce qui semblait être des défauts du premier opus ont été gommé, NMH 2 perd autant en fond qu’en cohérence. Pour la ville, par exemple, on aurait apprécié que les développeurs tentent d’améliorer le concept initial, plutôt que de tout bazarder. La solution de facilité a été choisi et c’est bien dommage. Ensuite, l’effet de surprise n’est plus là et l’aventure se contente de réutiliser les gimmicks du numéro 1, sans trop en créer par lui-même. Ainsi, ce statut de “produit de commande” n’incite plus à l’indulgence envers les défauts formels toujours présents (caméra relou, réalisation technique moyenne, level design rudimentaire et game design paresseux). Les boss, véritable marque de fabrique de la série, sont ici bien moins réussis. Leur personnalité est moins travaillée, ils sonnent creux, et les combats sont pour la plupart anecdotiques et moins tendus, car souvent plus faciles. On n’en retiendra au final qu’une poignée, la majorité apparaissant dans le dernier tiers de l’aventure. Seul Travis tire son épingle du jeu, dévoilant une facette beaucoup plus sombre, cynique et sérieuse de sa personnalité et qui n’hésite pas à s’interroger sur la nécessité de son entreprise (repartir ainsi à l’assaut du classement des tueurs pour une simple histoire de vengeance ; quand on sait que Suda 51 – passé simple superviseur sur le projet – aime distiller des messages au travers de ses jeux, on se demande s’il jugeait lui aussi une telle suite nécessaire). Au final, le pragmatisme a pris le pas sur l’idée créative.

 

Entendons-nous bien. No More Heroes 2 est un excellent beat them all, que tous les possesseurs de Wii doivent s’offrir. Sa maniabilité parfaitement calibrée, son humour décalé, son gameplay jouissif et ses délires toujours bien sentis emporteront l’adhésion. Mais ceux qui ont aimé le premier opus au delà de ces points précis, risquent d’être déçus. Le titre est débarrassé de son aura culte, pour n’être au final qu’un très bon jeu de plus.

Publié dans reportage

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Commenter cet article

Ludo 05/07/2010 01:42


Un article sympa, bien résumé, juste et qui en dit ni trop, ni pas assez! Mais je suis un peu déçu de ne pas avoir eu de vidéo test de ce jeu que j'attendais particulièrement :/ !


Yugiyuki 12/06/2010 18:01


Merci pour le test ^^. ça ma un peu fait rire le " pour n’être au final qu’un très bon jeu de plus." mais bon je vois ce que vous avez voulu dire.


PsEuDoLeSs 12/06/2010 14:59


Contrairement à l'article sur Alan Wake que je trouver peut-être un peu trop rude ; là je suis entièrement d'accord. Alors je me suis bien éclaté avec NMH2 mais j'en suis quand même resortit avec
une petite pointe de deception. Le fait que le rythme du jeu ait été complétement sabordé est sans doute la chose qui m'a le plus gené. Sans compter qu'a l'époque de NMH, le jeu n'avait pas de
conqurrent (genre beat'em ell déluré) donc on été plus coulant. Là, si la concurence est moindre niveau quantité, elle ne l'est pas question qualité. Je pense par exemple à Madworld.
Bon vais m'arreter là sinon j'en ai pour des heures :)
Bel article. Beau boulot.