Console Syndrôme n°7 : Test Earthworm Jim HD

Publié le par Le MAS

Ma notice en noir et blanc

  Et de sept!! (non ce n'est pas le nombre de but de l'équipe de France). Votre rendez-vous hebdomadaire avec l'équipe de Console Syndrôme continue malgré la débâcle (annoncée) de notre chère équipe. Nous vous proposons la cure de jouvence du ver de terre le plus connu du monde : Earthworm Jim, qui reprend du service sur le Xboxlive Arcade sous format HD. Est-ce que ses muscles sont toujours aussi luisants? Réponse dans le test ci-dessous.

Bonne lecture.

 

Laissez-moi vous raconter ma journée d’hier. Je me lève à 6h30 pour prendre le train et arriver à l’heure pour une réunion qui durera jusqu’à midi. Puis, un petit voyage à pied sous un soleil de fou direction la gare. Sans surprise, le train prévu est annulé. J’attends pendant une heure et demie un bus qui me fera faire un trajet de 20 minutes en une heure. Arrivé chez moi, un avis de passage m’indique que chronopost est venu pendant mon absence. Trop les boules, je réalise que je viens de rater Metal Gear Solid : Peace Walker. N’ayant pas de voiture, je dérange un pote pour qu’il m’emmène à l’autre bout de Toulouse pour récupérer le colis. Et là, combo final, ce n’était en fait qu’un recommandé tout pourri. Il est à ce moment 17h30. Je suis fou, je suis fatigué, frustré et j’ai envie de crever la terre entière. Comme je n’ai rien foutu de toute la journée, je me décide, malgré mon humeur, à finir de tester Earthworm Jim HD. Que vous me croyez, ou pas, en deux minutes, j’avais le sourire. Alors d’accord, l’introduction de ce test n’est vraiment pas divine, mais l’histoire s’avère véridique et je trouve qu’elle schématise bien le pouvoir fabuleux de ce jeu.

 

 

David Perry est le nom d’un doux rêveur, game designer à ses heures perdues, qui depuis quelques années se fait plus critiquer, qu’encenser. Soyons honnêtes, entre son MMORPG participatif, ses projets pour concurrencer On Live et les dernières pépites de Shiny Entertainment (dont il était le président), il le cherche un peu. Néanmoins, on ne peut lui enlever la paternité d’une œuvre culte. Nous sommes en 1994 quand l’OVNI ludique nommé Earthworm Jim débarque sur nos 16 bits (entre autres, le jeu est aussi sorti sur Game Boy et Mega CD). L’histoire d’un lombric qui, un beau jour, voit tomber du ciel une combinaison ultra sophistiquée qui va le rendre aussi musculeux que Superman. C’est aussi à partir de là qu’il décide de sauver une princesse. Qui est-elle ? Comment sait-il qu’il doit la sauver ? A ce moment du jeu, on ne se doute de rien. Et surtout, on s’en tape. Doté d’un flingue, d’une capacité à faire l’hélicoptère et de se servir de sa tête comme d’un fouet, Jim se lance dans un jeu d’action/plate-forme comme on n’en fait plus. Et c’est bien le problème : ces jeux sans trop de prétention, qui sont là juste pour le fun et la performance, se font rares. Certains diront que Super Mario Galaxy 2 (qui sort aujourd’hui) est le fier représentant de ce genre. Je dirais plutôt qu’il en est le rescapé. A tel point que jouer à un remake haute définition d’un vieux jeu de plus de 15 ans me fait ressentir des sensations si vielles qu’elles en deviennent nouvelles. Mais il faut dire que Earthworm Jim n’est pas qu’un petit jeu de plate-forme, car même remis dans son contexte, il reste exceptionnel. L’univers du titre est complètement déjanté : des extraterrestres, des vaches, des mécanos qui vomissent des poissons morts et j’en passe, le casting de Earthworm Jim se révéla vraiment singulier. David Perry proposa une alternative moins lisse que ses concurrents de l’époque. Un pari gagnant qui fit chavirer de bonheur la planète jeu vidéo.

 

 

Ce qui est magique, c’est que la formule fonctionne encore mieux aujourd’hui. Perdu au milieu de l’offre très sérieuse du marché actuel, ce genre d’initiative fait vraiment plaisir à tout le monde. Autant aux gamers qui l’ont connu étant jeune, qu’aux nouveaux joueurs qui vont faire la connaissance de l’une des grandes icônes du média. Vous l’avez deviné, j’ai adoré ce remake. Les années qui se sont écoulées n’ont fait que bonifier la relation que j’entretenais avec Jim. Mes yeux ne pleurent même plus à la vue de gros pixels qu’on pourrait trouver aujourd’hui vulgaires. Le ravalement de façade façon HD accentue magnifiquement la superbe des animations déjà excellentes à l’époque. Le niveau de jeu s’est bien adapté à nos réflexes surannés en proposant trois degrés de difficulté différents. Pour les plus téméraires, le niveau « original » a été conservé. Je vous conseille de débuter votre partie avec celui-ci, sans quoi votre investissement de 9,80 euros (800 MS) se verra trop vite usité. Pour l’occasion, trois level ont été ajoutés. Tous tirés d’un nouvel univers, ces derniers se révèlent un peu décevant, car sans grande originalité. Ils dénotent trop de l’ambiance un peu crado du jeu original. Enfin le mode multi pourra faire passer le temps aux plus fans d’entre vous. Mais là aussi, le résultat n’est pas très reluisant. L’ensemble des niveaux est jouables jusqu’à quatre joueurs, mais le level design déployé pour l’occasion atteint des records en terme de classicisme. Nous sommes ici à dix mille lieux d’un New Super Mario Bros.Wii.

 

 

Earthworm Jim était et restera une bombe. Son humour percutant et son gameplay vif réveillera le gamin qui dort en chacun de nous. Les compositions de Tommy Tallarico (Monsieur Video Games Live) tapent juste à chaque fois et accompagnent ingénieusement le joueur dans un déluge de bonnes idées. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est la singularité du soft. Des titres affichant ce genre d’ambition n’existent presque plus et c’est bien dommage. Des œuvres constituant des terrains cathartiques pour des créateurs débordant de folie devrait pulluler dans une industrie où les signatures se font de plus en plus présente. Mais non, le marché ne fait quasi aucune place à des visions complètements barrées. L’un des derniers exemple en date serait Brütal Legend, mais le résultat ne fût pas si concluant (ça n’en a pas l’air, mais là, je viens de faire éclater une guerre interne dans le groupe CS…).

Publié dans reportage

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narukedag 22/06/2010 12:30


Barré et dur avec ca !


Stardust 21/06/2010 17:42


Earthworm Jim... un des jeux les plus barrés auquel j'ai jamais joué x)