CS n°32 : Live, fin des "petits jeux"?
| Voila un début de mois pas très passionnant mais n'oubliez pas que votre rendez-vous avec l'équipe de Console Syndrôme est toujours là. Pour cette première session de l'année 2011, voici une analyse qui intéressera les adeptes des jeux sur XBLA, PSN et consorts. Elle fait état de la montée en puissance de ce nouveau marché mis en valeur par les boîtes indépendantes tels que Limbo, Shadow Complex, ou encore Braid, et qui a été rapidement prisé par les grosses cylindrées. Ces derniers proposant maintenant des jeux de grande qualité comme Tomb Raider and the Guardian of Light. Alors est-ce la fin des petits jeux? Bonne lecture. |
Les jeux dématérialisés ont acquis en peu de temps leurs lettres de noblesse. D’abord sur PC où le public était bien plus habitué à ce type de consommation, ensuite sur consoles. Il n’est désormais plus rare de voir un joueur scruter les mises à jour hebdomadaires des services comme le XBLA, Steam, le PSN ou le WiiWare pour tenter d’y dégotter la perle rare. Et si la visibilité des produits n’est pas forcément assurée, certains, de par leurs ambitions ou leur budget, parviennent à s’extraire de la masse. De plus en plus d’éditeurs traditionnels, comprendre : issu du marché « boite », s’intéressent à ce nouveau phénomène. L’arrivée de « gros » jeux sur ces services de téléchargement doit-il être vu comme une bonne ou une mauvaise chose ?
Avant de commencer, une petite précision : cet article s’intéresse aux jeux sortant exclusivement sous forme dématérialisée et exclut donc les titres « boite » sortant en version boite et digitale (Games on Demand sur Xbox 360 ou de nombreux titres Steam).
Alors que les canaux dématérialisés se voulaient (volontairement ou pas d’ailleurs) un refuge pour des titres issus du milieu « indépendant », force est de constater que le succès de l’entreprise à conduit les gros éditeurs à proposer leurs propres développements. Si certains osent la mise en chantier d’une nouvelle propriété intellectuelle (Epic avec Shadow Complex), d’autres n’hésitent pas à y décliner leurs séries fétiches (Lara Croft and the Guardian of Light, même si on ne peut pas reprocher à Lara Croft d’innover et de s’être éloigné du gameplay habituel des Tomb Raider).
Ces titres sont évidemment bien plus soutenus que des projets plus indépendants. Il est évident que des majors comme EA ou Eidos possèdent l’argent et le contact avec les constructeurs pour mettre en avant leur produit. Doit-on craindre que le schéma qui s’est appliqué au marché traditionnel se reproduise ici ? A savoir : les gros mangeant les faibles et occultant leur présence. Doit-on craindre la disparition des petits jeux indé ? L’évolution voudrait que ces titres plus « légers » (plus court, au budget de développement plus réduit, etc.) deviennent de « véritables » jeux (notez les guillemets), quitte à voir leurs ambitions, et donc leur prix, enfler ? Death Spank par exemple, propose un univers très travaillé et une durée de vie qui n’a rien à envier à un jeu boite. Les petits prix pratiqués sont l’un des arguments principaux qui font de ces initiatives des succès. Gageons que cela ne changera pas.
Il devient risqué aujourd’hui de voir en ce marché parallèle un simple refuge de jeu moins ambitieux. De fait, les règles qui s’appliquent au marché traditionnel devraient obligatoirement se répercuter sur le dématérialisé. Les risques financiers consentis devraient augmenter et le risque pour l’éditeur deviendrait alors plus grand par ricochet. La créativité et l’originalité (que symbolisent souvent ces produits, sans que cela ne soit forcément justifié) vont-il pâtir de ce nouveau rush vers cet eldorado ?
Bien évidemment, le tableau n’est pas tout noir. Le fait de voir de gros éditeurs s’intéresser à ces canaux de diffusion nous a surtout permis de jouer à des titres de grande qualité. Steam a proposé Portal, Microsoft a soutenu Limbo ou Super Meat Boy, Nintendo abrite les Bit. Trip, etc. Et malgré leur aura de « refuge à la qualité », les jeux indépendants sont loin de tous se caractériser par un intérêt supérieur. En prenant le problème à l’envers, si les joueurs ont commencé à s’intéresser d’encore plus prêt à ces canaux de distribution, c’est surement car les gros éditeurs les ont fournit en titres de grande qualité. Des titres désormais incontournables.


